Dazibao 2024

Liste des sessions

Session 1 – Juin 2024

Lors de la session Dazibao de juin 2024, les participant.e.s ont co-organisé le festival Pamoja, lors duquel ils ont présenté leurs peintures réalisées sous la supervision d’Alexandra Briois, psychomotricienne relationnelle.

Afin de préparer l’exposition, le groupe a participé à des ateliers inspirés par ceux créés par Arno Stern, alors qu’il avait à la fin de la seconde guerre mondiale, la garde d’un groupe d’orphelins pendant leurs activités libres, avant de devenir un chercheur en sémantique de la trace. Dans ce cadre, des peintures sont réalisées grâce au roulement de billes, qui laissent leur empreinte sur la toile. Tracer, peindre, est une activité qui va bien au-delà de « l’occupationnel » : ils sont l’occasion pour chacun d’exprimer sa créativité, d’interpréter sa réalisation en fonction de son ressenti. Ces ateliers apportent de l’apaisement : au fur et à mesure que la trace se forme, se créé un lien avec soi-même.

Le groupe a présenté ses réalisations dans le cadre du festival interculturel Pamoja, à la Menuiserie, tiers-lieu liégeois. L’occasion pour beaucoup de prendre la parole publiquement pour la première fois, mais également de partager une tranche de leur récit d’exil.

Session 2 – Novembre 2024 

Pour la session Dazibao de novembre 2024, le Monde des Possibles et Article 27 ASBL se sont associés pour proposer des ateliers d’expression autour de la photographie et de l’exil. En ouverture de session, l’ASBL Quinoa a organisé un escape-game sur la tridomination : capitalisme, racisme, sexisme, pour poser le cadre de discussions. Différents ateliers photos ont ensuite été proposés, afin de familiariser le groupe avec le pouvoir de la photographie : histoire de la photographie, utilisation d’un sténopé et développement photo, et enfin séance photo en rue, afin d’aboutir sur une exposition finale sur « les causes d’exil ».

Quelques textes de présentation de l’exposition :

« On n’est pas des poubelles, on est des humains, on a tous la même couleur de sang ».

Cette photo est une invitation à réfléchir : nous ne sommes pas ici par choix mais par nécessité. Nous ne sommes pas des déchets nous sommes des êtres humains capables de contribuer, de travailler, non seulement dans des emplois considérés comme ingrats, mais aussi dans des postes de responsabilité : médecins, avocats, ingénieurs.

Donnez-nous une chance, et nous prouverons notre valeur.

On cherche un refuge dans un monde qui nous perçoit parfois comme des fardeaux, voire comme des déchets. La poubelle sur cette photo symbolise le rejet, l’abandon et parfois même le mépris de certaines sociétés pour ceux qui fuient la guerre, la misère, ou les persécutions.

Dans nos pays d’origine, nous risquions nos vies. Si nous étions restés, on nous aurait tués, et nos corps, auraient fini dans des fosses communes ou des poubelles, disparus sans laisser de traces, oubliés du monde. Nous avons tout quitté, en espérant trouver ici un refuge, une chance de vivre. Mais à notre arrivée, certains nous regardent encore comme des déchets, comme si nous étions un poids inutile.

Mais qui sommes-nous réellement ? Nous sommes des hommes, des femmes, des enfants. Nous avons des rêves, des compétences, et une histoire. Avant d’être forcés de fuir, nous avions des vies respectables, des carrières, des métiers. Nous avons étudié, travaillé dur, et contribué à nos sociétés.

Ce n’est pas parce que nous sommes dans une situation temporaire de vulnérabilité que nous sommes incapables.

Nous avons les qualifications, des talents et la volonté de participer, pleinement. Mais trop souvent, on nous réduit à des tâches dévalorisées, comme si notre passé et nos capacités n’avaient plus d’importance.

Regardez cette poubelle non pas comme un symbole de rejet ; mais comme un rappel que chaque être humain mérite respect, dignité et une opportunité de vivre pleinement. Car au fond, ce n’est pas seulement notre dignité qui est en jeu, mais aussi l’humanité que nous choisissons de défendre.


Cette photo montre le contraste entre le luxe du lieu et la réalité des demandeurs d’asile. Nous distinguons des silhouettes. En fait : c’est nous. Sous ce grand lustre, nous sommes là, après avoir fui nos pays pour chercher une chance de vivre en paix.

Nous ne demandons pas du luxe, juste de la dignité et une chance de travailler et de reconstruire nos vies. Ce lieu plein de lumière peut représenter l’espoir, mais aussi l’injustice : pourquoi certains ont tout, alors que d’autres doivent tout recommencer ?

De l’extérieur, on peut penser que nous allons bien, que nous sommes forts. Mais ce que nous ressentons à l’intérieur, personne ne le voit. Nos cœurs portent le poids de la souffrance, de la peur, et des pertes. Nous sourions parfois, mais derrière, il y a des cicatrices profondes que personne ne connaît.

Tout le monde mérite une place, une chance, et un regard empreint de compassion.

Yvette U. – Novembre 2024

Session 3 – Décembre 2024

Durant 3 jours, les participants du Dazibao ont bénéficié du support du groupe de futurs interprètes en milieu social en cours de formation au sein d’Univerbal. Par groupes linguistiques, dans 9 langues différentes (Peulh, Arabe classique, Arabe du Moyen Orient, Espagnol, Russe, Ukrainien, Pachtou, Ahmarique, Kurde), les participant.e.s ont échangé sur l’accès à un titre de séjour durable, le logement, et le système social belge. Un travail de fond a été réalisé en éducation permanente sur la déconstruction des rumeurs entendues autour de l’accueil en Belgique : chaque participant.e a évoqué un « mythe » entendu par des proches, et le groupe s’est appliqué à le déconstruire. Car savoir, c’est pouvoir.

Ces mythes ont été compilé dans un carnet distribué au groupe, et diffusé au sein du Monde des Possibles. Les futurs interprètes en milieu social les ont enregistré pour en garder la trace sous forme de Podcast.