Février mars 2017
Ecriture, création sonore, mise en scène et performance d’un spectacle dans le cadre de la Langue Française en Fête qui s’est déroulé le 23 mars 2017 au chapiteau Arsenic 2.
Photos: Marc Verpoorten – Ville de Liège







Inexister
L’existence est la valeur la plus sûre pour tout être humain. Considérer un être comme inexistant représente un mal qui ronge la société moderne actuelle. « Inexister », c’est être ignoré par la société dans laquelle on vit.
C’est vivre avec la peur, avec une possibilité de circulation limitée, sans aucun droit au travail alors que nous avons la capacité de nous rendre utiles pour la société. Améliorer les conditions de vie des migrants, mais aussi des sans-papiers, contribuerait inévitablement au développement du monde à venir.
Vivre sans droits freine également la capacité des parents migrants à prendre soins de leurs enfants. Quel avenir pour ces générations de demain ?
Le monde n’est pas une jungle mais un espace commun de bien-être pour tous. Certains aspirent à se former, à entreprendre, à étudier, à se soigner, à se déplacer, à se loger ou simplement, à vivre leur vie. Cela constitue une série de droits fondamentaux inhérents à tous, sans exception.
Une autre vie. Une autre vie. Une autre vie. Nous, les personnes migrantes, nous nous retrouvons ici dans des conditions très difficiles, à risquer parfois notre vie en restant, autant qu’en repartant. Nous avons tout laisser pour venir chercher une protection en pensant que nous y aurions droit, car c’est de cela dont il s’agit : un droit. Dommage ! En arrivant ici, c’est d’autres problèmes qui surgissent, au lieu d’une autre vie.
Nous avons pourtant des compétences intellectuelles et physiques précieuses et souvent reconnues qui pourraient incontestablement servir ce pays. Les préjugés sont nombreux mais, croyez-nous, nous ne sommes ni des voleurs de travail, ni des pilleurs de caisses sociales.
De demandeurs d’asile à sans-papiers, nous finissons dans la majorité des cas par perdre tous nos droits.
J’ai fui tous les malheurs de ma terre natale
Pensant trouver un refuge ici
Mais je suis tout de suite déçu
Dans ce pays qu’on dit de droit
J’ai perdu tous les pouvoirs et tous les droits
Immigré comme on m’appelle je dors sous la pluie
Étranger que je suis personne ne veut me nourrir
Étranger que je suis personne pour me soigner
J’ai fui mon pays car j’aime la vie
J’aime la tolérance et la cohésion sociale
Je suis servi autrement ici
Je veux me sentir utile ici
Je veux montrer mes capacités intellectuelles ici
Mais comment l’exprimer sans papier sans logement et sans soins médicaux
Je pense à mon retour un jour chez moi
En Marchant sur les trottoirs ici j’ai oublié ma propre histoire.
Je dénonce. Je dénonce. Je dénonce. Pauline la fille unique se trouvant en Belgique, fuyant son pays à cause de la mutilation génitale. Sans papier, elle se retrouve comme une bandite dans une prison à haute surveillance qu’on appelle centre fermé. Son seul crime : être sans papier. Je dénonce.
À longueur de journée, les politiques et les médias rejettent la responsabilité de la crise aux immigrés, des maux de la société aux étrangers et jamais ils ne démontrent l’impact positif de l’immigration. Quand ils célèbrent la victoire des Diables rouges, ils ne parlent pas de l’apport positif de l’immigration. Je dénonce.
Ne me juge pas selon ma couleur, mon origine, ma nationalité ou ma religion, mais selon mes compétences. Je dénonce.
Mai juin 2017
Première collaboration entre le Monde des Possibles et la Médiacité dans le cadre de la Fête de la Musique à Liège. Au programme: une pièce de théâtre-action engagé réalisé par la compagnie Barbiana et performé par le groupe Dazibao et les musiciens de Orchestra Vivo!, accompagnés de collectifs hip-hop, chanteurs-euses de tous horizons.
Photos de l’événement (Jonathan Dusépulchre): http://www.possibles.org/1993-2/
Avec la participation de:
Mombaka Carine
Camara Ibrahima
Irakoze Joy Vanessa
Katty Conté Alseny
Hassatou Barry
Sandjon Jean-Pascal
Monluh Seidou Rostand
Soro Abdoulatif
Nzuz Anny
Swakata Christian
Tufwansoni Jean-Patrick
Etambela Daly
Bandaogo Moustapha
Script de la pièce « Êtes-vous heureux? » téléchargeable ici
Octobre novembre 2017
Pour cette session, le groupe Dazibao a décidé de collaborer avec le Zénith et l’artiste peintre Phitou. Les ateliers menés ont abouti à la création d’une oeuvre collective qui rassemble, à travers les techniques d’expression artistiques, plusieurs revendications des personnes demandeuses d’asile. Celles-ci, comme le montrent les photos du processus, ont trait aux différentes réalités et problématiques que vivent les stagiaires: en terme de procédure, mais également de logement, d’éducation et de santé, entre autres. Ces interpellations, abordées transversalement en Dazibao dans les différents modules, sont ici placées dans un tout autre contexte. Elles représentent l’expression imagée de ce que leurs créateurs.rices souhaitent voir évoluer dans la société civile.






