Février mars 2020
En 2020, 2 Dazibao ont été organisés : l’un en janvier, l’autre en juillet, dans une fenêtre de déconfinement. Les 2 sessions ont eu lieu en présentiel, en reprenant le programme habituel adressé aux demandeurs d’asile hébergés en Centres Croix-Rouge : accès au logement, à la santé, à l’emploi et au séjour, associé à des échanges politiques sur la condition des demandeurs de protection internationale et des personnes sans titre de séjour. La première session a eu lieu dans les locaux de l’Athénée Maurice Destenay, en partenariat avec une classe discriminée de l’école : en effet, il s’agissait de la dernière classe à être autorisée à porter le foulard dans l’établissement. Pour cette raison, la classe n’était pas autorisée à occuper les mêmes locaux que les autres élèves, suscitant -évidemment -un sentiment d’exclusion.





Le groupe Dazibao a bénéficié d’une collaboration avec le Théâtre de Liège, qui a mis à disposition Baptiste Montagnier et Martin Panel, comédiens de l’ESACT, pour l’animation d’un atelier théâtre. Le groupe a choisi de mettre en scène l’audition au Commissariat Général aux Réfugiés et au Apatrides, dans son absurdité et sa violence : questionner un récit de persécution à travers un prisme culturel déjà biaisé, vivre l’appréhension et la suspicion. La réalisation finale devait servir de point de départ à une classe de rhéto, pour une mise en scène aboutie accompagnée par le Théâtre de Liège, qui devait trouver son aboutissement lors d’une représentation dans le cadre du projet européen Bérénice. Le confinement a cependant interrompu le processus.
Néanmoins, une prise vidéo de la performance des Dazibao a permis de garder une trace de leur réflexion ; surtout deux classes de l’Athénée Maurice Destenay de Liège ont assisté à la représentation, et ont pu débattre ensuite avec les Dazibao. Cette réalisation a constitué un aboutissement artistique et politique satisfaisant autant pour les participants que pour la dynamique émancipatoire collective : elle a provoqué chez certains participants la première prise de parole sur leur condition, et la conscientisation sur le poids d’une politique d’asile subie en commun, malgré les parcours migratoires et les individualités très différentes. En marge de cette réalisation théâtrale, le groupe a participé à une séance animée avec le MRAX, sur les droits face à la police. La classe de l’Athénée partenaire du projet a été invitée par le groupe, afin de susciter des échanges et questions variés. La session de juin 2020 a eu lieu dans les locaux du projets Sirius, dans le cadre d’une session hybride “après-centre” et NTIC. Dans ce cadre, le groupe a choisi de travailler sur le témoignage, certainement en lien avec les suites du confinement : l’isolement forcé et le manque de liens a certainement joué dans le fait, pour les participants, de souhaiter se confier. La collaboration avec Sirius a été précieuse pour permettre la captation vidéo, puis le montage. En mars 2020, une session Dazibao hybride devait avoir lieu. Les 4 premiers jours se sont déroulés normalement, avec un groupe exceptionnellement nombreux et diversifié: alors que le public compte habituellement presqu’exclusivement des personnes originaires d’Afrique subsaharienne francophone, de nombreux participants sud-Américains étaient présents en mars. La session a été brutalement interrompue avec le confinement.
